Quand la rentrée te fait pleurer

Cet automne a commencé différemment pour notre petite famille. Bon, ok, je pense que je ne peux pas parler de l’automne puisqu’il fait 30 degrés, donc plutôt septembre? 

A partir de maintenant, je n’ai qu’un seul enfant à la maison avec moi. Une petite personne blonde qui sourit constamment. Oui, Petite Soeur est finalement à l’école maternelle. 

Si vous pensiez que la finale de la coupe du monde était l’événement le plus attendu de l’année alors vous avez tort. Non, dans cette maison c’était le rentrée qui était attendue avec une telle impatience.

La Petite Soeur avait rêvé de ce jour depuis au moins un an. En faisant au revoir à sa sœur à la porte de l’école, essayant de se faufiler et de s’asseoir à côté d’autres enfants. C’est tout ce qu’elle voulait de la vie: être grande et aller à l’école. Enfin, ça et beaucoup de chocolat, et des poneys.

Le grand jour est arrivé. Son sac de licorne était prêt et elle était tellement impatiente d’aller à l’école et de jouer avec ses amis. En fait, les amis de Grand Soeur, mais Petite Soeur est tout à fait convaincue qu’elles devraient tout partager. Sauf ses affaires bien sûr. Nous avons soigneusement sélectionné des fleurs pour sa maîtresse (une tradition estonienne que j’aime beaucoup) et nous étions prête pour ce grand jour dans la vie d’une petite fille.

Sauf que cette fille courageuse et excitée n’avait pas pensée à un détail si petite mais qui à une grande importance – elle ne serait pas dans la même classe que sa sœur. Et c’est alors là que je pouvais la voir essayer de se battre avec elle-même. Sa lèvre inférieure tremblante et ses yeux se remplissent de larmes. Ce n’est pas comme ça qu’elle l’a imaginé. Être sans sa soeur et sans «ses» amis.

Heureusement, le visage familier de la maîtresse nous a sauvé et Petite Soeur a accepté d’entrer dans la classe. Et en 10 minutes, nous pouvions partir. Nous avons laissé une enfant heureuse et souriante. Mon coeur était à l’aise. 

Seulement, cette joie n’a pas duré. Elle y est retournée joyeusement dans l’après-midi. Même après que Grand Soeur se soit donnée comme mission la plus importante de faire comprendre à Petite Soeur que ELLE est plus grande et qu’elle n’a plus besoin de faire la sieste à l’école. Elle est même retournée joyeusement le lendemain matin.

Mais alors .. à midi. Nous sommes derrière la table et Petite Soeur touche à peine son assiette. Elle est stoïque et encore une fois je peux voir qu’elle fait de son mieux pour être grande, mais elle a du mal. Sa lèvre inférieure tremblait encore et soudain, les plus grosses larmes coulaient sur ses joues quand elle courait dans mes bras. Elle ne peut même pas respirer mais parvient à murmurer qu’elle ne veut pas y aller. Qu’elle veut rester avec moi.

Je sais que c’est normal. C’est nouveau pour elle. Mais ce n’est pas facile. Ni pour elle, ni pour moi.

Elle accepte toujours d’y aller. J’espère que tout ira bien, mais quand le temps est venu, les larmes sont de retour. Plus qu’avant, plus fort. 

Elle me serre les jambes et me prie de ne pas la quitter. La maîtresse vient pour essayer de la séparer de moi, mais elle ne s’en sort pas. Petite Soeur est trop forte. Maintenant, il y a 2 femmes adultes qui essaient de la separer pendant qu’elle hurle de façon hystérique et que des larmes commencent à couler de mes yeux. Je ne comprends pas pourquoi elles doivent la tirer, pourquoi elles ne peuvent pas nous laisser un peu de temps, pourquoi ne me laissent-ils pas la prendre dans mes bras et la calmer?

Dans un moment de confusion, elle me laisse et dans une seconde, elles parviennent à l’attraper et à la prendre à l’intérieur alors qu’elle hurle encore pour moi et pour que je l’aide. Elles me disent de partir et de partir vite.

Donc je le fais. Tout en pleurant inconsolablement parce que je ne comprends pas ce qui vient de se passer. Je suis blessée en la laissant comme ça, blessée par la façon dont elle a été emmenée à l’intérieur. Je me demande si elle ne se calme pas. 

Je suis en colère contre moi-même pour l’avoir amenée là. En fin de compte, tout ce qu’ils font dans l’après-midi, c’est dormir et jouer 30 minutes à l’extérieur. Elle pouvait dormir à la maison. Je me blâme pour tant de choses avant que je parvienne à me calmer. 

J’ai hâte de la récupérer l’après-midi. Et suis effrayée. Mais même de derrière la porte vitrée, je vois Petite Soeur la plus heureuse qui continue de sauter pour me voir mieux, qui me salue et m’envoye des bisous. Je peux respirer normalement à nouveau. 

La maîtresse me dit qu’elles n’ont pas réussi à la calmer. Qu’elles ont appelé Grand Soeur qui l’a calinée, l’a embrassée, l’a emmenée aux toilettes et l’a endormie. Elles ont dit qu’elle était comme une petite maman. Tout ce que je dois dire, c’est que si je regarde comment elle se comporte avec Petite Soeur à la maison, alors cette maman a besoin d’une visite des services sociaux. Mais je suis heureuse et reconnaissante de la façon dont elle était vraiment la GRANDE soeur à l’école.

Depuis nous avons eu de bons et de mauvais moments. Il y a eu des larmes, mais ça va lentement mieux.

Mais mon coeur saute toujours un battement quand je la vois me regarder avec ses yeux pleins de tristesse. Elle sera toujours mon petit bébé.

Et pour finir, une citation de la Grande Soeur à sa maîtresse: 

« Ma petite soeur a fait le cirque. Je ne sais pas pourquoi. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça avant »

Oui, jamais… Sauf que moi et la maîtresse l’avons déjà vu. Vous pouvez deviner par qui.. 🙂

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