Notre petite Poulette

Il y a un an et quelques jours, j’ai ressenti de l’anxiété, de la peur, du bonheur. J’avais peur de l’inconnu. Même si ma situation m’était familière. J’avais déjà fait ça. J’avais été dans la même chambre, pris les mêmes médicaments et vu la même infirmière. Presque tout à propos de cet accouchement était un déjà vu. Seulement que c’était mieux et plus rapide et j’étais encore plus forte.

C’était le jour où j’ai enfin pu rencontrer notre troisième enfant. Ce petite miracle qui s’était développé en moi. Jour où j’ai pu découvrir à quoi elle ressemble, combien de cheveux elle a et si oui, quelle couleur. Le jour où j’espérais que si elle était une fille, elle ressemblerait à Linda et le jour où j’ai finalement fait un compromis avec M. Stewart et ne lui ai pas donné le nom de Linda (je préfère toujours ce nom à celui que Poulette a eu, mais j’aime beaucoup son nom aussi).

Cela fait un an depuis ce jour. La peur a disparu. La joie est restée Cette année a été magnifique. Belle mais dure. C’est le plus dur que j’ai jamais eu dans ma vie, je pense.

Je me souviens que le deuxième soir à l’hôpital, j’ai dû mettre du bruit blanc sur la tablette et le maintenir au maximum pendant la nuit car c’était la seule chose pour calmer Poulette. J’étais fatiguée et j’avais peur et je me sentais comme si je ne savais pas quoi faire avec elle.

Je me souviens de l’avoir tenue dans mes bras et de pleurer parce que je ne la trouvais pas jolie et cela me rendait tellement coupable. Je continuais à essuyer mes larmes et à lui dire que je l’aimais même si elle ressemblait à une tortue. En ce moment, je me retourne avec des rires, mais à ce moment-là, j’étais furieuse contre moi-même. Je me détestais de ne pas avoir ce sentiment « l’amour vous rend aveugle” où vous trouvez toujours votre enfant le plus joli. Et en ce moment je pense qu’elle est la plus belle petite humaine blonde dans ce monde.

Je me rappelle comment nous sommes sortis de l’hôpital et je ne pouvais pas la faire attraper mon sein. Elle était hystérique et ne voulait rien prendre. Les infirmières ne voulaient pas nous laisser partir à la maison, mais j’ai insisté. Et là, me sentant impuissante à la maison, j’étais prête à y retourner, à avouer que j’avais tort. Je pleurais, elle pleurait, M. Stewart faisait de son mieux pour tout garder ensemble. Et puis, après des heures d’agonie, elle a finalement commencé à saisir ces quelques gouttes de lait en elle.

Je me souviens de toutes les nuits où elle s’est réveillée toutes les 30 minutes. Toutes les nuits qui ont commencé à 2 heures et se sont terminées à 5 heures (bravo à M. Stewart ici!).

Pourtant je la regarde et je ne regrette rien. Pas les nuits sans sommeil, pas les marques de morsure sur mes seins, pas les jours où je n’ai rien fait parce qu’elle est extrêmement collante. Non, parce que pour moi elle est parfaite. Parce que je ne peux pas croire que quelqu’un là-haut a décidé que nous étions aptes à être ses parents. Elle peut être si fatigante, mais quand elle se met à rire par elle-même, elle tapote le sol et sourit jusqu’aux oreilles – tous les soucis disparaissent. Toutes les fois qu’elle a refusé tout ce que nous lui avons proposé de manger, toutes les fois où elle n’a pas dormi, toutes les fois qu’elle a eu une crise de panique alors que je me déplaçais juste d’un mètre. Tous les moments où j’ai senti que je ne pouvais pas, que je ne savais pas comment et je n’avais pas le pouvoir.

J’avais peur que la vie logistique soit difficile. Comment aller se promener avec 3? Comment aller au magasin? Comment faire … n’importe quoi. Mais en réalité, c’était le moindre de nos problèmes. Ces choses se sont résolues par elles-mêmes. Parce que Poulette était comme la pièce manquante de cette famille. C’est elle qui nous garde ensemble. Qui nous connecte.

Je ne vais pas mentir en disant que c’est elle le plus complique entre les trois. Elle a la personnalité la plus dure, elle dort et mange le pire. Mais elle est aussi la plus heureuse, la plus souriante et la seule qui aime les câlins. Et la seule blonde.

Et quelques faits sur notre Poulette qui a 1 an:

Elle mange : principalement de la mangue et du melon. Si elle meurt déjà de faim, elle peut essayer deux cuillerées de quelque chose d’autre. Seulement jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’il ne contient pas de mangue, de melon ou d’autres fruits.

Elle boit : principalement du lait maternel

Se déplace : sur quatre pattes et parfois en poussant des chaises devant elle

Elle parle : dans une langue qu’elle seule comprend et que Grande Soeur essaie constamment de traduire. Je reste sceptique cependant. Selon elle, Poulette dit constamment « 14 mois » et « je ne veux pas ».

En réalité, son vocabulaire est purement estonien et comprend aitäh – merci, emme – maman, däde – säde (notre chat) et parfois, elle dit le nom de Grand Soeur

Elle joue : avec la cuisine, le xylophone et les lego duplos

Elle aime : casser tout ce que ses grandes sœurs ont construit

Elle n’aime pas : si on ose lui dire «non», quand on la pose par-terre, qu’on lui met des vêtements ou les enlève

Des dents : elle a 10!

Se réveille : avec une bonne humeur et dernièrement une fois pendant la nuit. Ou pas du tout. Et non, monsieur Murphy, ne venez pas frapper à ma porte

S’endort : par elle-même dans son lit

Elle est : profondément aimée par tout le monde autour d’elle!

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