Etre riche

Mon père m’a appris beaucoup de choses dans la vie. Comment envoyer les gens dans des endroits sombres et assez étroits en russe et comment bien boire de la vodka.

Vous savez – les compétences de base de la vie. Mais surtout, il m’a toujours dit à quel point il est important d’être riche et d’avoir de l’argent. J’ai grandi pour être quelqu’un qui n’est pas d’accord avec cela et je suis devenu quelqu’un avec qui il n’est pas d’accord.

En fait, l’une des questions qu’il pose le plus souvent est: « Comment ai-je eu cette hippie comme enfant? »

Alors que je suis tout pour « nous sommes tous frères et soeurs, peu importe la race, peu importe notre culture » et une croyante ferme que tout le monde a le droit d’aimer et d’être aimé, alors il est plus « Dieu a créé un homme et une femme ». Mots sages de quelqu’un qui n’a vu l’église que d’une photo. De toute façon, vous avez compris – nous ne sommes pas toujours d’accord.

Mais comme je l’ai dit, depuis que j’étais petite, on me répétait constamment comment ma vie devait être. Sois la meilleure, termine l’école, va à l’université, devienne riche, reste riche. Simsalabim – c’est comme ça que ça se passe. Cela semble simple, non? Un peu trop simple à mon avis.

Donc pendant un moment c’est ce que j’ai fait. J’étais la meilleure. Jusqu’à ce que je découvre un peu plus le côté rebelle et commence à faire d’autres records. Au lieu d’avoir le plus de points sur un essai, j’ai eu plus les absences inexpliquées des cours. Je pensais juste que j’étais meilleure que le système. Comme beaucoup à cet âge-là. Je pensais que l’école nous donnait trop de faits inutiles et trop peu de compétences pour la vie. Et même si j’ai appris à comprendre pourquoi ces faits inutiles servaient un but (formation de la mémoire, capacité d’analyse, résolution de problèmes, connaissances générales), je reste fidèle à la pensée qu’elle devrait nous offrir des compétences plus précieuses pour la vie. Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

Alors, j’ai terminé mes études secondaires et même si je faisais un passe-temps de paraitre plus stupide que j’étais en réalité, il ne faisait aucun doute que j’allais entrer à l’université.

Vous voyez, en Estonie, c’est un peu différent d’ici. Si nous ne regardons pas les grandes écoles et toutes les écoles privées, alors tous ceux qui peuvent payer 250 euros peuvent aller à l’université en France. Que vous soyez le meilleur ou le pire – vous êtes égaux.

Le système estonien est pour ceux comme mon père – qui vous visent à être les meilleurs. Le système est pour les meilleurs. Peu importe le sujet – les places sont comptés. Autant les places payantes que les places gratuites. Il peut y avoir des centaines de personnes pour un seul place. Pour entrer, il faut être meilleur que les autres. Avec tes notes et avec les tests.

Donc, je suis entré. Bien sûr, à une place gratuite. Seulement pour décider après quelques mois que ce n’est pas pour moi. Oh les visages que mes parents ont fait. Et puis j’ai décidé de déménager en France pour être une bénévole. Travailler SANS être spécialement payée. Mon père n’a pas vraiment compris ce qu’il a mal fait en m’élevant. Et ma mère ne croyait probablement pas à mon départ avant que je ne sois réellement partie.

Probablement parce que tous les jours depuis l’âge de 13 ans, j’ai dit « le jour où j’aurai 18 ans, je déménagerai ». Eh bien … quand j’ai eu 18 ans, j’ai demandé ce qu’on allait manger pour le dîner. Donc clairement mes menaces de partir de là n’ont pas été prises au sérieux. Mais je suis partie.

Et depuis je me suis demandé quoi faire avec moi-même. Je me suis cherchée et ai cherché quoi faire avec ma vie. Je ne veux pas être la personne que mes parents voulaient que je sois. Celle qui fait n’importe quoi pour obtenir de l’argent. Et ne pensez pas à des choses sales par “n’importe quoi ».

Je veux plutôt dire : faire un travail que je déteste, apprendre quelque chose dont je me fous pour d’obtenir un papier. Vivre dans une boucle. Tout pour de l’argent que je n’aurais même pas le temps de dépenser ou d’apprécier. Juste pour pouvoir dire combien je gagne. Ce n’est pas pour moi. Bien sûr, je peux seulement dire ça parce que j’ai de la chance. Je le sais. Et croyez-moi que, si cela était nécessaire, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir (et ici, je veux vraiment dire n’importe quoi) pour acheter de la nourriture pour mes enfants. Mais en ce moment je ne parle pas de situations critiques. Je parle de la vie moyenne.

Vous savez ce que je veux? Je veux être heureuse. Je veux être libre. Je veux rendre les autres heureux. Je veux créer des émotions chez les gens. Je veux rendre leur journée meilleure. Je veux les faire réfléchir. Je veux commencer des discussions. Je veux dire ce que j’ai en tête. Je veux travailler d’où et quand je veux. Je veux être mon propre patron. Bien sûr, c’est ce que tout le monde veut ces derniers temps. Mais de nos jours c’est possible. Vous devez juste trouver votre truc. Et c’est ce que je cherchais depuis si longtemps.

J’écris depuis longtemps. J’ai gagné de l’argent avec mon blog estonien. Mais je ne le voulais plus. J’avais le sentiment de vendre un peu mon âme avec des publicités.

J’aime faire des photos et je pense vraiment que je le fais bien, mais je ne veux pas le faire en tant que profession. Je suis trop introvertie pour ça. Alors que puis-je faire si je ne peux pas utiliser 2 de mes plus grandes passions?

Un jour j’ai eu une idée. Et M. Stewart m’a soutenu. Il le fait toujours.

Peu importe à quel point mes idées sont farfelues. Je pense que même si je voulais commencer à élever des poules dans notre jardin, il finirait par revenir. Je pense.

Mais j’ai eu beaucoup d’idées au cours des années. La chose est qu’elles sont restées des idées. Mais celle-ci nous l’avons réalisé. Et pour la première fois depuis longtemps j’ai eu très peur.

Nous avons mis tellement de temps, d’effort, de cœur (et un peu d’argent) dedans et la veille du commencement, j’ai eu peur d’avoir une crise cardiaque.

Je ne suis pas encore sûr si c’est « mon truc ». Si c’est ce qui m’aidera à réaliser le rêve d’être mon propre patron. Ca, seul le temps pourra le dire. Mais j’ai l’impression d’être un pas plus proche de ça. 🙂

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